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Interview avec Elizabeth Czerczuk

Le théâtre rue Marsoulan a été en chantier toute l’année dernière, ce qui n’a pas empêché Elizabeth Czerczuk de présenter des étapes de travail de ses différentes créations au public, dans un espace en travaux. Entièrement rénové, agrandit, ce lieu comporte maintenant, outre un studio de danse et une salle de 200 places avec des gradins modulables, un hall, un bar, des chambres et une cour ombragée au cœur du théâtre.


L’ouverture du théâtre aura lieu le 5 Octobre 2017, avec la première de Requiem pour les artistes, la dernière création d’Elizabeth Czerczuk. Y succèdera en novembre la reprise de Matka, puis en décembre celle de Dementia Praecox.


Retour sur cette programmation avec la metteure en scène :

Elizabeth, quel est le fil rouge de cette trilogie ?

Il m’a paru intéressant de présenter ces trois spectacles au premier semestre, car ils forment une trilogie. Ils interrogent la condition de l’artiste dans la société contemporaine, et le besoin d’art aujourd’hui. Comment accède-t-on au spectateur ? Comment le touche-t-on ? Comment le provoquons-nous ? Ce sont les questions que je me pose avec ces trois créations.

Tu as choisi de présenter d’abord Requiem, puis Matka et enfin Dementia, alors que les spectacles ont été créés dans l’ordre inverse. Quel est le parcours proposé aux spectateurs ?

C’est vrai, j’ai choisi le chemin inverse de l’ordre habituel qui va de la naissance à la mort. Avec Requiem en effet, on part de la mort (le spectacle commence par un défilé de morts-vivants), pour aller vers une traversée du purgatoire. Purgatoire que l’on retrouve dans Matka, spectacle plus intimiste où un couple mère-fils s’écharpe. Or même à la mort de la mère, le fils continue à vivre un cauchemar avec les apparitions de sa génitrice. L’autre problématique de Matka, c’est l’inassouvissement, thème que l’on retrouve dans Dementia. La leçon de ces spectacles, c’est qu’il faut aller dans ce purgatoire pour se libérer de ses angoisses et retrouver un peu de légèreté. Cette séance cathartique nous permet d’aller plus loin, de nous déplacer dans l’espace de la vie.

Tu revendiques une filiation avec Kantor, et tes spectacles sont librement inspirés de Witkiewicz. Qu’est-ce que les grands maîtres polonais ont à nous dire aujourd’hui ?

Ce sont les sources de mon art, et pour moi il est important de leur rendre hommage. Mais je ne peux pas me contenter de refaire ce qu’ils ont fait. Il faut les rendre actuels, et pour cela chercher des formes nouvelles. Il s’agit de cultiver ce trésor, et en même temps d’aller plus loin. Je veux transmettre mon héritage, les rendre compréhensibles. Kantor, c’est le théâtre de la mort, c’est parlant pour nos parents. Mais il faut trouver le moyen d’éveiller la sensibilité des spectateurs d’aujourd’hui pour qu’ils comprennent les angoisses et la souffrance de leurs aïeux.

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