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Elizabeth Czerczuk rouvre son théâtre après travaux avec un spectacle plein d’énergie inspiré par les maîtres polonais

Lorsqu’on pénètre à l’intérieur du tout nouveau Elisabeth Czerczuk Théâtre, situé dans un immeuble d’une petite rue du XIIe arrondissement de Paris, on se demande si on ne s’est pas trompé de lieu. Ces murs noirs et grenat, ces lustres en cristal, cet alignement de mannequins vêtus de cuir évoquent davantage un lieu voué au libertinage qu’un théâtre et laboratoire de radicalité artistique ! Pourtant, la maîtresse des lieux, Elisabeth Czerczuk, née à dans la patrie de Jerzy Grotowski (auprès duquel elle a travaillé), Tadeusz Kantor et Henryk Tomaszevski, assume pleinement cette théâtralisation destinée à « installer immédiatement le visiteur dans une ambiance particulière, qu’il retrouvera dans les spectacles ». De fait, on comprend dès les premières secondes de sa nouvelle création, Requiem pour les artistes, que l’on a affaire à une proposition tout aussi insolite que le lieu dans lequel il est présenté. Bienvenue donc en enfer où une cohorte de morts-vivants, lestés de lourdes valises, revit son passé. L’héritage avec les grandes figures du théâtre polonais est évident : les vieux bancs et pupitres de bois, les valises, la mort qui rôde, évoquent le vocabulaire et les obsessions de Tadeusz Kantor qui révolutionna la scène théâtrale française au milieu des années 70.

Tourbillon d'images fortes

L’idée d’art total, chère à Kantor, s’inscrit aussi pleinement dans ce spectacle où musique, danse et mime tiennent plus de place que la parole, elle-même murmurée, criée ou pleurée, en polonais, italien, anglais, français… Qu’est-ce que cela raconte ? On n’est pas sûr de toujours tout comprendre. Qu’importe ! Il faut accepter de se laisser porter, de plonger dans ce tourbillon d’images fortes et de mouvements mécaniques, dans ces apparitions oniriques où le surréalisme n’est jamais bien loin. Il y a du Tim Burton dans les maquillages et les costumes, du Dali dans cette pente inclinée qui déstructure la perspective, du Bob Wilson dans les mouvements – même s’ils n’atteignent pas sa précision millimétrée. Il se dégage surtout une formidable énergie, une envie de se donner entièrement, et la croyance que le théâtre est un art nécessaire autant que cathartique. Sans doute aurait-il fallu plus de contrastes pour que l’envoûtement soit complet, sans doute le travail d’Elisabeth Czerczuk tient-il plus de l’hommage, même revisité au XXIe siècle, que de l’invention véritable d’une expression scénique. Il reste que par sa démarche sincère, par l’engagement des artistes, par sa force vitale, ce spectacle invite à un embarquement immédiat.

 

Isabelle Stibbe, La Terrasse, 14 octobre 2017

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Requiem pour les artistes au TEC : audacieux et ténébreux !

Lors de la visite inaugurale du tout nouveau Théâtre Elizabeth Czerczuk ou TEC, l’esprit insufflé par la maîtresse des lieux nous avait impressionnés… L’initiation à son univers confidentiel se poursuit avec sa dernière création, Requiem pour les artistes. Ce « théâtre chorégraphique » nous mène d’un ballet funèbre à une apologie de la vie dans un style dont la beauté viscérale se trouve être à la fois saisissante et envoûtante.

Une musique ardente et imperceptiblement inquiétante accueille un cortège de morts-vivants aux costumes et maquillages troublants de perfection. Ces pantins désarticulés aux valises trop lourdes entament une danse convulsive dont la vigueur et l’intensité semblent trouver leurs sources dans le désespoir qui les habitent.

La purification nécessaire aux défunts pour atteindre un état de grâce va alors se manifester sous la forme d’une transe exutoire. Avec les valises en allégorie, ils explorent le passé, se heurtent à lui et éventuellement tentent de le rectifier. Finalement, ils vont parcourir un chemin les ramenant à la vie. Telle une résurrection, les personnages réinvestissent leurs corps avec agilité et alacrité.

La portée de ce spectacle est d’éveiller en chaque individu la conscience de sa propre condition. En effet, nous caressons tous l’espoir du bonheur. Mais lorsque celui-ci nous échappe, il ne reste plus que l’angoisse… L’aspect dramatique et funeste  qui nous est présenté a pour but d’éveiller en nous une catharsis.

Elizabeth Czerczuk sait guider sa troupe de façon à ce que l’individualité de chacun magnifie l’ensemble de cet art vivant. C’est assez époustouflant de voir à quel point les comédiens sont animés. Ils rendent chaque représentation unique car ils n’interprètent pas une chorégraphie, ils la vivent avec ferveur et passion.

Mention spéciale à l’accompagnement musical et visuel tout à fait remarquable !

Une chose est sûre, l’empreinte insolite et unique d’Elizabeth Czerczuk ne vous laissera pas indifférent…

 

Jean-Philippe, UnitedStatesofParis.com, octobre 2017

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Oubliez un peu tout ce que vous avez déjà pu voir au théâtre

Oubliez un peu tout ce que vous avez déjà pu voir au théâtre – ou ailleurs - et venez découvrir une forme d’expression artistique contemporaine plutôt originale qu’il n’est pas toujours possible d’admirer en salles ni très facile d’appréhender à premières vues ! En effet, dans un décor minimaliste au possible pour ne pas dire quasiment nu (juste 3 fenêtres) sur une scène en partie inclinée, déambule une vingtaine de comédiens et danseurs qui évoluent grimés outrageusement et accoutrés bizarrement façon gothique quelque peu criarde mais de manière assez bigarrée tels des morts-vivants parés pour une soirée style « zombies » en goguette.
Moitié dansé et moitié récité, ce spectacle moderne de mélange des genres plutôt expérimental sort vraiment l’ordinaire voire des sentiers battus, entremêlé de chorégraphies dites classiques mais pas très loin de celles du clip Thriller de Michael Jackson, d’interventions, textes, monologues et autres dialectes oraux énumérés tour à tour en français, en anglais et en polonais (d’autant que cette création originale est l’œuvre d’Elizabeth Czerczuk, originaire de Wroclaw en Pologne, également ici metteur en scène), d’une partition plus ou moins baroque, aussi hallucinée qu’angoissante et entêtante, grâce notamment à la présence de 3 musiciens jouant en live, ainsi que d’attitudes soient excessives, soient dévergondées, soient alors « tournoyantes » qui nous font un peu penser à certaines peintures de Magritte ou aux réactions enjouées et illuminées, empruntées aux films d’Emir Kusturica.


C’est que ce Requiem pour les artistes (polonais ?) fleure bon l’esprit slave de rigueur, sa folie ambiante autant que sa démesure appuyée ou du moins soulignée, sa radicalité chère à son auteur que sa vision créative déstructurée, déglinguée limite foutraque mais néanmoins structurée, sa réalisation au plus près des spectateurs que sa possession - ou son remplissage - de l’espace de tous les instants. Bref, une sorte de version « délirante » mais pas morbide du tout du Bal des vampires revu et corrigé à la tonalité anachronique et à la sauce « zombiesque ». En un mot, une œuvre surprenante dans tous les sens du terme....

 

C.L.B, Sortiz.com, octobre 2017

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Théâtre Elizabeth Czerczuk
20 rue Marsoulan
75012 Paris
01 84 83 08 80/ 06 12 16 48 39
contact@theatreelizabethczerczuk.fr