Requiem pour les artistes au TEC : audacieux et ténébreux !
Lors de la visite inaugurale du tout nouveau Théùtre Elizabeth Czerczuk ou TEC, lâesprit insufflĂ© par la maĂźtresse des lieux nous avait impressionnĂ©s⊠Lâinitiation Ă son univers confidentiel se poursuit avec sa derniĂšre crĂ©ation, Requiem pour les artistes. Ce « théùtre chorĂ©graphique » nous mĂšne dâun ballet funĂšbre Ă une apologie de la vie dans un style dont la beautĂ© viscĂ©rale se trouve ĂȘtre Ă la fois saisissante et envoĂ»tante.
Une musique ardente et imperceptiblement inquiĂ©tante accueille un cortĂšge de morts-vivants aux costumes et maquillages troublants de perfection. Ces pantins dĂ©sarticulĂ©s aux valises trop lourdes entament une danse convulsive dont la vigueur et lâintensitĂ© semblent trouver leurs sources dans le dĂ©sespoir qui les habitent.
La purification nĂ©cessaire aux dĂ©funts pour atteindre un Ă©tat de grĂące va alors se manifester sous la forme dâune transe exutoire. Avec les valises en allĂ©gorie, ils explorent le passĂ©, se heurtent Ă lui et Ă©ventuellement tentent de le rectifier. Finalement, ils vont parcourir un chemin les ramenant Ă la vie. Telle une rĂ©surrection, les personnages rĂ©investissent leurs corps avec agilitĂ© et alacritĂ©.
La portĂ©e de ce spectacle est dâĂ©veiller en chaque individu la conscience de sa propre condition. En effet, nous caressons tous lâespoir du bonheur. Mais lorsque celui-ci nous Ă©chappe, il ne reste plus que lâangoisse⊠Lâaspect dramatique et funeste qui nous est prĂ©sentĂ© a pour but dâĂ©veiller en nous une catharsis.
Elizabeth Czerczuk sait guider sa troupe de façon Ă ce que lâindividualitĂ© de chacun magnifie lâensemble de cet art vivant. Câest assez Ă©poustouflant de voir Ă quel point les comĂ©diens sont animĂ©s. Ils rendent chaque reprĂ©sentation unique car ils nâinterprĂštent pas une chorĂ©graphie, ils la vivent avec ferveur et passion.
Mention spĂ©ciale Ă lâaccompagnement musical et visuel tout Ă fait remarquable !
Une chose est sĂ»re, lâempreinte insolite et unique dâElizabeth Czerczuk ne vous laissera pas indiffĂ©rentâŠ
Jean-Philippe, UnitedStatesofParis.com, octobre 2017
