EROS-HYPNOS otwarta brama, en processus créatif

— C’est moi, laisse-moi entrer.
— Tu n’entreras pas, dit la pierre. Il te manque le sens du partage. Aucun sens ne remplacera le sens du partage. »
Wisława Szymborska, Conversation avec une pierre
Entrez dans le processus créatif de la nouvelle création d'Elizabeth Czerczuk, EROS-HYPNOS, otwarta brama, un spectacle vertigineux imaginé sous la forme d'un diptyque.Suivant le principe d’Umberto Eco de “l’œuvre ouverte”, vous assistez à la genèse du spectacle lors d'une représentation inédite, puisant librement dans une matrice riche d’œuvres théâtrales et poétiques de la littérature polonaise.
Les courants romantique et symboliste y sont revisités au sein d'une dramaturgie du corps.
Eros, premier volet, est une noce dionysiaque où s’exprime le désir de vivre en un paroxysme qui vire à la mécanisation.
Mariés en contraste, la modernité cosmopolite rêve une épouse ancienne et folklorique, parée d'un costume traditionnel.
En miroir de cette folie haute en couleur s’enchevêtrent les tableaux romantiques d’Hypnos, le second volet toujours en cours d’élaboration.
Ici, danseurs folkloriques, âmes chimériques de défunts et sublimes paysans opprimés se côtoient orageusement à la porte du néant — ou d’une indicible transcendance…
Spectacle chorégraphié avec une formation musicale en live et une trentaine d'artistes, comédiens, danseurs et musiciens sur scène, Eros-Hypnos, otwarta brama dit la démesure de l'amour, son élan et son intemporalité.
Il ouvre aussi sur des régions insoupçonnées où la mort n'a pas le dernier mot, et où la vie n'est pas une négation de la mort mais un espace de métaphysique et de résilience.
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Ma nouvelle création se concentre sur une thématique extratemporelle existentielle qui touche à l’énigme de la vie et de la mort. Elle explore les frontières fluides entre elles, ainsi que les moyens par lesquels femmes et hommes, guidés par leur intuition, par leur raison et leur intelligence, font avec ces questions élémentaires. En Pologne, le courant des recherches métaphysiques est présent depuis toujours, mais c’est à l’époque du romantisme qu’il connaît son apogée, nourrissant jusqu’à aujourd’hui la conscience nationale et sociale, tout comme les vies individuelles. Ce caractère et cet esprit sont particulièrement sensibles dans les drames qui vont servir d’inspiration à mon nouveau travail de théâtre. Je voudrais rapprocher le spectateur français de cette spiritualité et de l’aura qui l’enveloppe, afin d’enrichir d’un trait polonais une identité européenne qui aujourd’hui paraît privée de vécu. Vivre ensemble une expérience élargie à de nouveaux espaces. C’est pourquoi notre Festival des Formes Radicales est cette année consacré à des recherches artistiques qui dépassent les structures formelles de l’art pour tendre vers l’idée d’une œuvre ouverte à de multiples significations, à une expérience intérieure dans la transgression, qui a été décrite par Georges Bataille et par l’un des maîtres de mon théâtre, Antonin Artaud.
